

« On crée ce que l’on pense », est-ce vrai ?
Tout commence par une simple idée : on crée ce que l’on pense. Cela semble banal, mais dans les faits, cette phrase est le fondement de notre existence. Chaque jour, nos pensées forment un fil conducteur. Celui-ci nous guide à travers nos expériences, nos envies et nos choix. Oui, nos perceptions comptent dans la balance. Mais pourquoi dit-on que l’on crée ce que l’on pense ? La réponse se trouve à la croisée de la psychologie, des neurosciences et du développement personnel.
Les piliers de nos croyances
Une croyance est une conviction profonde, elle influence notre façon de penser, de ressentir et d’agir. Ces croyances sont conscientes ou inconscientes, positives ou négatives. Elles se forment au fil du temps, souvent à partir de nos expériences passées, de notre éducation ou des influences sociales. Les neurosciences parlent de « biais de confirmation » : notre cerveau tend naturellement à chercher les informations qui confirment ce que nous croyons déjà, renforçant ainsi nos convictions existantes, qu’elles soient bénéfiques ou limitantes.
Les pensées négatives nous font douter de nous-mêmes et nous empêcher d’atteindre nos objectifs. Il est essentiel de prendre conscience de ces perceptions afin de pouvoir les transformer et les transcender. En effet, si nous voulons changer notre quotidien, nous devons d’abord changer notre façon de penser. Ce processus porte un nom en psychologie : la restructuration cognitive.
À retenir : Nos croyances positives ou négatives sont façonnées par notre vécu, notre éducation et notre environnement. Elles influencent chacun de nos comportements, souvent à notre insu. En prendre conscience est la première étape vers le changement.
Chiffre clé : Selon une étude de la National Science Foundation, nous aurions entre 12 000 et 60 000 pensées par jour, dont environ 80 % seraient négatives et 95 % répétitives. Cela illustre à quel point nos schémas de pensée sont profondément ancrés.Ce phénomène est connu sous le nom de « biais de négativité » (negativity bias), un mécanisme de survie hérité de l’évolution humaine : notre cerveau est câblé pour détecter les menaces en priorité. La bonne nouvelle ? Ce câblage peut être modifié grâce à la neuroplasticité.
On crée ce que l’on pense : la pensée positive ?
À l’opposé des croyances limitantes, nous avons les pensées saines, impactantes, pertinentes et positives. Ces idées sont comme des rayons de soleil, elles dynamisent notre bien-être et nos visions.
Oui, il est possible de reprogrammer notre esprit. Cela passe par des techniques telles que la méditation, la visualisation ou même des affirmations encourageantes. Ces pratiques changent notre dialogue intérieur et façonne une vraie dynamique. Ce changement est rendu possible grâce à la neuroplasticité cérébrale : la capacité du cerveau à former de nouvelles connexions neuronales tout au long de la vie, découverte majeure du neuroscientifique Michael Merzenich dans les années 1980.
Des chercheurs ont découvert que les personnes qui croient en leur capacité à réussir sont souvent plus résilientes face aux échecs. Elles voient les défis comme des opportunités d’apprentissage plutôt que comme des obstacles insurmontables.
Référence : Le psychologue Albert Bandura (Université de Stanford) a développé dès 1977 le concept d’« auto-efficacité » (self-efficacy) : il démontre que la croyance en ses propres capacités est l’un des meilleurs prédicteurs de la réussite. Ses travaux ont influencé des décennies de recherche en psychologie comportementale. Ce concept est aujourd’hui intégré dans les programmes de coaching, d’éducation et de management à l’échelle mondiale.
De même, dans le domaine de la santé, il a été prouvé que les croyances positives ont un impact sur notre bien-être physique. Les personnes avec une attitude optimiste face à la maladie ont tendance à mieux récupérer. Cela montre à quel point il est crucial de cultiver des pensées et des croyances positives pour vivre une vie épanouissante. Une partie de cette explication réside dans l’axe psychoneuroimmunologique : nos pensées influencent la production de cortisol (hormone du stress) et de sérotonine (hormone du bien-être), ce qui impacte directement notre système immunitaire.
A ce titre, une étude publiée dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences (2019) a suivi plus de 70 000 personnes et révélé que les individus les plus optimistes avaient une espérance de vie supérieure de 11 à 15 % par rapport aux plus pessimistes.
A retenir : Cultiver une pensée positive est une question de choix conscient. La science confirme que l’optimisme renforce notre résilience et améliore notre santé physique. Notre esprit est reprogrammable avec des outils concrets pour y parvenir.
Comment identifier et faire évoluer vos pensées ?
La prise de conscience
Le premier pas vers le changement est la prise de conscience. Prenez un moment pour réfléchir à vos croyances actuelles. Quelles pensées reviennent souvent dans votre esprit ? Sont-elles plutôt positives ou négatives ?
D’ailleurs, le psychiatre Aaron Beck, fondateur de la thérapie cognitive (TCC) dans les années 1960, a démontré un fait simple : l’identification des « pensées automatiques négatives » est la clé pour modifier les schémas comportementaux dysfonctionnels. La TCC est aujourd’hui l’une des thérapies les plus pratiquées et les mieux documentées au monde.
Osez le changement !
Une fois que vous avez identifié vos croyances limitantes, il est temps de les remplacer par des idées plus réalistes et saines. Cela peut se faire en reformulant vos pensées. Par exemple, au lieu de penser « Je ne suis pas assez bonne », essayez de dire « Je fais de mon mieux et j’apprends à chaque étape ». Cette simple modification a un impact énorme sur votre état d’esprit. En TCC, cette technique s’appelle le « recadrage cognitif » (cognitive reframing). Elle ne consiste pas à nier la réalité, mais à l’interpréter sous un angle plus nuancé et constructif.
A retenir : Observer ses pensées sans jugement, puis les reformuler de façon constructive, suffit parfois à transformer radicalement son quotidien. Un petit changement de formulation peut avoir un effet puissant sur l’estime de soi et la motivation. Effectivement, on crée ce que l’on pense.
Les techniques de transformation
La visualisation
La visualisation créatrice est une technique puissante, elle consiste à imaginer de manière vivante et détaillée les résultats à atteindre. Ainsi, vous envoyez des signaux positifs à votre subconscient, renforçant ainsi vos croyances positives. Par exemple, si vous aspirez à réussir dans votre carrière, prenez quelques minutes chaque jour pour vous imaginer dans ce rôle, ressentant la satisfaction et la joie qui en découlent. Pour une efficacité maximale, impliquez tous vos sens dans cet exercice : que voyez-vous, qu’entendez-vous, que ressentez-vous physiquement dans cette situation idéale ? Plus la visualisation est sensorielle, plus elle active les mêmes réseaux neuronaux que l’expérience réelle.
Pour maximiser l’efficacité de cette technique, créez un tableau de vision. Rassemblez des images, des mots ou des phrases qui représentent vos objectifs et vos aspirations. Placez ce tableau dans un endroit où vous le verrez chaque jour. Cela vous rappellera constamment vos rêves et vous motivera à agir en conséquence.
A retenir : La visualisation programme le subconscient vers la réussite. Un tableau de vision, consulté quotidiennement, ancre vos objectifs dans votre esprit et stimule votre passage à l’action.
Les affirmations positives : on crée ce que l’on pense
Les affirmations sont des déclarations positives répétées pour reprogrammer votre esprit. En répétant des affirmations telles que Je suis capable de réussir ou Je mérite le bonheur, vous commencez à ancrer ces croyances dans votre subconscient.
Pour que vos affirmations soient efficaces, formulez-les au présent, de manière affirmative et personnelle. Par exemple, au lieu de dire Je vais être heureuse, dites Je suis heureuse et épanouie. Répétez ces affirmations chaque matin au réveil et chaque soir avant de vous coucher pour renforcer leur pouvoir.
A savoir – Des travaux menés par les neuroscientifiques David Creswell et Christopher Cascio (Carnegie Mellon University, 2016) ont montré, grâce à l’IRM fonctionnelle, que la pratique régulière des affirmations positives active les circuits cérébraux liés à la récompense et à la motivation, notamment le cortex préfrontal ventromédian.
Conclusion
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), près d’1 milliard de personnes à travers le monde souffrent de troubles mentaux, dont une grande partie liée à des schémas de pensée négatifs chroniques. Développer une hygiène mentale positive n’est donc pas un luxe, cela devient une nécessité de santé publique. Tout comme nous faisons du sport pour entretenir notre corps, nous devons entraîner notre esprit. C’est ce que certains chercheurs appellent le « fitness mental ».
Nous avons exploré ensemble le pouvoir incroyable de nos croyances et comment elles façonnent notre réalité. En cultivant des pensées positives, en utilisant des techniques telles que la visualisation, les affirmations, la gratitude et la méditation, vous pouvez transformer votre vie de manière significative. N’oubliez pas que le chemin vers le changement est un voyage personnel et que chaque petit pas compte. La constance prime sur l’intensité : 5 minutes par jour de pratique régulière valent bien plus qu’une heure occasionnelle.
En devenant conscient de vos pensées, en les remplaçant par des phrases positives et en créant un environnement favorable, vous devenez l’acteur de votre propre bonheur. N’oubliez pas, la clé réside dans votre esprit. Le pouvoir de la pensée est entre vos mains. Osez rêver, osez croire et osez vivre pleinement !
Vous vous posez encore la question ? Oui, on crée ce que l’on pense.
Synthèse analytique : influence des pensées sur la réalité
| Dimension analysée | Définition opérationnelle | Mécanisme impliqué | Effet observable | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|---|
| Pensée | Production cognitive interne (images, croyances, dialogues intérieurs) | Activation de réseaux neuronaux associés à la mémoire et à l’émotion | Orientation de l’attention et interprétation des événements | Élevé (neurosciences cognitives) |
| Croyance | Construction mentale stabilisée influençant les décisions | Filtrage automatique de l’information cohérente avec le schéma existant | Renforcement des comportements répétitifs | Élevé (psychologie cognitive) |
| Biais perceptif | Tendance à privilégier certaines informations | Sélection attentionnelle et validation interne | Confirmation des attentes initiales | Élevé |
| Émotion | Réponse physiologique déclenchée par l’interprétation mentale | Activation neurochimique (stress, motivation, récompense) | Variation de l’énergie, motivation, confiance | Élevé |
| Comportement | Action concrète issue d’un état mental | Traduction cognitive → motrice | Résultat mesurable dans la réalité externe | Élevé |
| Neuroplasticité | Capacité du cerveau à modifier ses connexions | Répétition d’expériences mentales ou comportementales | Stabilisation de nouveaux schémas mentaux | Élevé |
| Pensée constructive | Interprétation orientée solution | Activation de circuits liés à la motivation | Augmentation de la persévérance et de la performance | Modéré à élevé |
| Pensée limitante | Anticipation négative auto-validante | Activation prolongée du stress | Auto-sabotage ou évitement | Modéré à élevé |



